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Rapport de la session de contes dans les conditions de guerre
Camp d’été de Janana 15-23 août / Bremmana – Liban
 

* Dix personnes ont participé à cette session, des libanais et des palestiniens ayant une relation avec le travail culturel ou éducatif dans les camps palestiniens au Liban. La préparation s’est déroulée pendant 8 jours à raison de 4 heures par jour.
* La préparation a commencé par l’analyse de différentes sortes de contes : le conte populaire, le conte lyrique, les mythes et les biographies populaires, les souvenirs… Ensuite nous avons procédé à la lecture de quelques exemples et à la discussion autour des besoins qui aboutissent à la naissance des contes dans les sociétés.
* Après, nous avons découvert l’importance des compétences de communication dans la narration : le contact visuel, la narration entre les parole et le silence, entre la masse et le vide, le rythme du conte et les compétences de montage cinématographique.
* Puis, nous avons commencé par introduire des textes traitant les guerres que nous avons rassemblés au cours de l’atelier théâtre pendant les Intifadas palestiniennes et pendant la guerre du mois de juillet et autres guerres. Ce travail fait partie aussi de notre recherche actuelle qui se déroule autour du thème : « Troie ou la sagesse des défaites ».
* Les gens ont commencé par se souvenir des moments douloureux ou drôles (la blessure fait rire parfois) de leurs expériences pendant les différentes guerres du Liban. Après chaque couplet de la chanson « je vais t’apporter dix carton… », que Ziyad a composé sur les aides apportés au camp Badaoui, celui qui avait le rôle racontait son histoire suivie par la chanson.
* Petit à petit chacun de nous a commencé à raconter des souvenirs plus profonds, plus intéressants et encore plus douloureux. Et au cours des deux dernières présentations, nous avons pu trouver des textes reflétant l’expérience de ce joli groupe : Najwa en entendant les palpitations de son cœur croit entendre quelqu’un qui frappe à sa porte, la nuit entre deux raids. Laila raconte un témoignage des dossiers de Jana au cours de la catastrophe de 1948 : « pourquoi prendre les clés ? ! ». Bouchra en raconte l’exode du camp de la rivière Al Bared, elle fait la remarque : « nous aussi, on a pris les clés ! ». Ziyad nous parle de la disparition de son roman qu’il a pris 3 ans à écrire dans les ruines de sa maison dans le même camp. Il se souvient de quelques extraits poétiques touchants. Mohamed – après avoir « palestiner » « le renard et le chien » de La Fontaine – nous lit un poème personnel et patriote en même temps qui nous fait procurer les mêmes sensations qu’il ressent. Moustafa et Lamiya nous raconte « Ô Liban », une guerre sauvage qui se lève à cause d’une goutte de miel, qui détruit tout et où les négociateurs des deux camps se demandent : « d’où est-ce qu’elle est arrivée cette destruction ? ». Nisrine lit le premier discours de Rachel Coury en américain et libanais avec une délicatesse susceptible qui ne laisse personne indifférent. Roula, dont le regard fuyant s’est transformé en regard perçant, nous parlent de son analyse « du tiers » qui suppose que tous les côtés du conflit au Liban sont en coulisse. Enfin, Ali, réalisateur / assistant, qui a défié la résistance « des acteurs », organisé « le collage » de la dernière présentation et proposé l’idée d’allumer une bougie au début de chaque témoignage. Je n’oublierai jamais l’intensité du dernier acte quand les conteurs ont quitté leur place, laissant derrière eux 10 bougies allumées sur le petit plateau de l’école de Bremmana. Je les remercie tous pour cette expérience assez difficile mais riche en même temps.
Au cours de cette semaine, la musicienne Nancy Evens nous a aidés à trouver les sons de la guerre avec des instruments simples, Mo’taz Al Dajani nous a rendu visite pour nous parler de l’expérience de Jana, et Najwa et Ziyad ont participé à une nuit égyptienne centrée sur le musicien et chanteur exceptionnel Moustafa Sa’ed.
 

Hassan El Geretlyi
11/09/2007



 

 

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