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Festival annuel « Hakaya »

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Programme du
Festival Hakaya 12 - 16 Janvier
2008 |
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Manifestation culturelle
Forum annuel de « Hakaya »
La centralisation du conte dans le
développement de l’individu
et de la société
Dr. Fayha’ Abdel Hadi
« Chaque chose a une
fin sauf si elle possède une histoire, dans
ce cas elle ne finira jamais ».
Groupe
théâtral ‘Hakawati’ / Syrie
A Amman,
la rencontre régionale et annuelle de Hakaya
a été organisée par « le Forum Pédagogique
Arabe » et « théâtre Al Balad » en
collaboration avec «le Centre Arabe pour la
Formation Théâtrale /Liban » ainsi que MS/
Danemark et l’Echangeur/France, avec le
soutien des fondations locales et
internationales. Les activités de cette
année, qui ont eu lieu du 12 au 16 janvier
2008, ont matérialisé la vision du forum à
travers « des contes présentés par des
artistes arabes et européens sous
différentes formes, et à travers les
ateliers et les rencontres qui avaient pour
objectif l’approfondissement et
l’élargissement du dialogue autour de ces
concepts ».
« Le projet « Hakaya » est le résultat de
plusieurs années de travail et de dialogue
entre les différents membres et groupes du
Monde Arabe et méditerranéen, sur la
centralisation du « conte » dans le
développement de l’individu et de la société,
où l’histoire ou le conte est considéré
comme le composant le plus important de
l’esprit et de la communication. Pour nous,
les Arabes, l’histoire / le conte représente
un des principaux outils de la libération de
notre imagination, notre esprit, notre
conception, nos sentiments. Ce projet
regroupe des artistes, des historiens oraux,
des conteurs, des pédagogues dans des
réseaux, des ateliers et un festival
ambulant, afin d’affronter le conte sous
toutes ses formes et pour arriver à enrichir
le théâtre, les arts, la lutte contre
l’analphabétisme, la création de l’identité
et le dialogue à travers les cultures ».
En parallèle avec la présentation de trois
livres arabes : le guide pédagogique de
l’art de conter, l’utilisation des contes au
théâtre, la connexion entre le conte et
l’histoire, à Darat AL Funun / Lweibdeh, se
sont déroulés : un spectacle pour les
enfants adapté à partir d’un conte du
patrimoine palestinien « nis nsais », ainsi
que les ateliers des « femmes et contes » le
matin au centre Al Rouwad / Jabal Al Nathif.
Le soir, des spectacles se sont succédés
avec la participation des conteurs et
artistes venant de neuf pays arabes et
européens. Quelques spectacles étaient en
arabe littéraire ne manquant pas d’une pince
d’arabe dialectal comme le cas du spectacle
tunisien et syrien, d’autres étaient en
arabe dialectal comme le spectacle égyptien,
palestinien, libanais, et d’autres en
anglais comme le cas du spectacle danois.
Les moyens de présentation des contes se
sont variés : présentation sans aide
technique, avec de l’aide technique, ou avec
l’utilisation de la cinématographie. Les
présentations comprenant la narration des
conteurs ont montrées les moyens sans limite
des contes lorsque le spectacle est présenté
par des artistes compétents ou des amateurs
passionnés de contes. Entre autre l’agréable
présentation de la conteuse libano française
Praline Guy Para : « contes des neufs pays
», en dialecte libanais où elle s’est
baladée entre le passé et le présent afin
d’attirer l’attention des spectateurs et les
clouer sur place, du conte « crève l’œil de
la réalité » où elle traite le problème
quotidien avec l’imaginaire et la fantaisie
à travers un voyage de contes dans neuf
pays.
Un autre spectacle intéressant était celui
du conteur tunisien Saleh Al Swei’i Al
Marzouqui : « l’oncle Saleh a dit ». En se
coiffant de sa koufiyeh, en tenant sa canne
en bois et en parlant l’arabe classique
mélangé au dialecte tunisien, il nous a
raconté des contes du sud de Tunisie.
Ensuite se sont succédés les spectacles
palestiniens avec Denise As’ad, Sonia Al
Nimer et Fadi Al Ghoul, pour nous présenter
un mélange de contes avec l’aide des
techniques artistiques. Fadi Al Ghoul lors
de sa présentation « nis nsais » a utilisé
les effets de son en racontant ce conte pour
enfants. Denise As’ad a eu recours à l’écran
d’un ordinateur pour projeter des photos de
Quissaria lors de sa présentation de «
histoires de Quissaria », son village natal
abandonné en 1948. Quant à Sonia Nimer, elle
a choisi des contes du patrimoine
palestinien arabe international et les a
présentés avec son propre style de
narration.
Les spectacles égyptiens se sont
caractérisés par des présentations
individuelles et collectives liées par le
lien de l’essai et de la préparation.
Ramadan Khater a présenté le groupe « Haki
Massatéb » jailli du groupe « Al Warcha ».
Il nous a raconté des contes égyptiens et
internationaux en s’appuyant sur « la
biographie des Hilal » et les maqãma de «
Béram le tunisien ».
La recherche et la préparation se sont
manifestées lors de la présentation des «
contes du désert » pour le groupe « Dayer
Maydour ». Il nous a présenté des contes sur
des cultures en voie de disparition, suite à
la globalisation, comme la culture amazighe,
où il a eu recours à la langue amazighe et
au dialecte égyptien.
La préparation et le talent se ont révélés
lors de la présentation de l’artiste
égyptienne Arifa Abdel Rassoul dans « contes
du désert » et dans sa présentation
éblouissante « contes de la fille de
l’épicier », contes qui ont projeté la
lumière sur la société égyptienne ainsi que
la vie culturelle, économique et politiques
dans les années cinquante et soixante.
Quant aux présentations syriennes, elles se
sont variées entre présentation individuelle
: « ne craints rien la mort est à tes côtés
» présenté par le conteur Nimer Saloume en
arabe classique. Et la présentation
collective : « la nuit des contes des mawals
» présentée par le groupe « hakawati du
théâtre » en dialecte syrien.
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L’artiste libanais Rafiq Ali Ahmad a clos
les activités du forum annuel de Hakaya par
le monodrame « jarsa » (esclandre) présentée
au théâtre principale au Centre culturel Al
Hussein.
La présentation de l’artiste libanais nous a
ébahi et ses contes, qui représentent un
souci arabe et humain, nous ont fait mal.
L’artiste a annoncé sa défaite comme mari et
comme être humain dès son apparition sur le
plateau.
Quand Rafiq Ali Ahmad raconte ses contes, la
forme et le fond s’entrelacent en une ironie
blessante où l’homme est condamné dès sa
naissance, et la preuve son nom composé de
trois parties. Quand l’artiste déshabille la
misérable réalité libanaise, en parlant
exprès le dialecte libanais, il déshabille
la réalité arabe, qui se trouve encore plus
misérable, et déshabille les spectateurs en
même temps.
Rafiq Ali Ahmad raconte des contes
entrelacés qui ne montrent pas seulement sa
défaillance mais traduisent aussi ses rêves
et ses espoirs en se montrant hostile envers
les régimes arabes qui mangent leurs enfants
après les avoir broyés, en criant en face de
tous ceux qui vivent cette misérable réalité
sans bouger un doigt, et surtout en face des
jeunes en leur disant : « si vous ne vous
dressez pas qui va le faire à votre place ?
».
Faihaab@gmai.com
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